Embarquez pour un voyage de ports en ports à la découverte des cartes et plans du littoral languedocien.
Le littoral du Languedoc, avant que celui-ci ne soit constitué en province du royaume de France, a été l’objet d’aménagements portuaires dès l’Antiquité, au temps de la colonisation grecque puis de l’intégration au monde romain. Par la suite, comme l’a montré l’historien André Dupont[1], les ports du Languedoc reprirent une activité de quelque importance aux XIe et XIIe siècles, à l’époque du rayonnement de Saint-Gilles[2]. Vint ensuite, après la chute des comtes de Toulouse, le temps de la fondation du port d’Aigues-Mortes, dont le développement fut suivi et garanti par les rois de France[3] ; leur soutien à ce port du Languedoc oriental fut presque sans faille jusqu’à la fin du XVIe siècle.
L’aube du XVIIe siècle fut le moment d’une réorientation de l’action royale sur le littoral languedocien. Avec la naissance d’une cartographie de gouvernement[4], l’Etat royal impulsa de nouveaux projets portuaires, à Sète puis au cap d’Agde[5]. Les Etats de Languedoc furent amenés à y contribuer puis, faisant leurs les objectifs de la monarchie, ils engagèrent eux-mêmes une politique volontariste de travaux publics portuaires[6]. Les délibérations de cette assemblées d’Etats fourmillent de décisions relatives à ce secteur d’intervention[7]. Jusqu’à la fin de l’Ancien Régime se développa ainsi une action soutenue d’aménagement du littoral, appuyée sur l’élaboration de cartes et plans permettant de projeter, de programmer et de réaliser un ensemble de travaux de longue haleine répartis depuis le delta du Rhône jusqu’au cap de La Franqui.
[1] André Dupont, Les relations commerciales entre les cités maritimes de Languedoc et les cités méditerranéennes d’Espagne et d’Italie du Xe au XIIIe siècle, thèse complémentaire de Lettres, Montpellier ; Nîmes, Chastanier frères & Almeras, 1942.
[2] Sur Saint Gilles, voir en particulier Jean Combes, « Saint-Gilles et le trafic de l’Europe occidentale au XIIe siècle », in Les zones palustres et le littoral méditerranéen de Marseille aux Pyrénées, actes du LVIe congrès de la FHLMR, Saint-Gilles, 1982, Montpellier, FHLMR, 1983, p. 51-71.
[3] Jean Combes, « Origine et passé d’Aigues-Mortes », Revue d’Histoire Economique et Sociale, vol. 50, 1972, n°3, p. 304-326.
[4] François de Dainville, Cartes anciennes du Languedoc (XVIe-XVIIIe siècles). Bulletin de la Société Languedocienne de Géographie, tome XXXI, juil.-déc. 1960, 303p.
[5] Emile Bonnet, Le premier port de Cette construit sous le règne d’Henri IV (1595-1605), Montpellier, Imprimerie Emmanuel Montane, 1928, 23 p. ; Stéphane Durand, « Richelieu, les Etats de Languedoc et la mer : la construction du port de Brescou au XVIIe siècle », Le Languedoc et la mer, dir. Patrick Louvier, colloque de Montpellier, 15 mai 2009, Montpellier, Presses Universitaires de la Méditerranée, à paraître.
[6] Stéphane Durand, Finances, pouvoirs et territoires. Contribution à l’histoire des aménagements portuaires civils et à l’histoire des assemblées d’Etats (Roussillon, Languedoc, Provence, aux XVIIe et XVIIIe siècles), mémoire d’habilitation, Montpellier, Université Paul Valéry, 2009, 434 p.
[7] Les délibérations des Etats de Languedoc. 46 sessions de 1648 à 1789, dir. Arlette Jouanna et Elie Pélaquier, Montpellier, CRISES, 2010, CD-Rom.
Cet article est conçu comme un outil de recherche permettant de restituer l’état du littoral languedocien et de ses aménagements au cours des XVIIe et XVIIIe siècles. A ce titre, il fonctionne comme un complément thématique à l’Atlas historique de la province de Languedoc, réalisé sous la direction d’Elie Pélaquier, directeur de recherches au CNRS.
Cet outil est constitué de notices synthétiques relatives aux cartes et plans du littoral languedocien conservés à ce jour aux Archives départementales de l’Hérault, sous la responsabilité de Monsieur Damien Vaisse, conservateur du patrimoine. Chacune des notices disponibles est accompagnée, en vignette, d’un lien vers le plan numérisé correspondant. En ouvrant celui-ci dans un nouvel onglet, le lecteur pourra profiter à la fois de la source et de sa notice explicative.
Les cartes et plans concernés sont issus du volumineux fonds de la série C, composé notamment des archives de l’intendance de Languedoc et de celles des Etats de la province. Ils proviennent de la puissante intervention du pouvoir royal et de l’assemblée provinciale, pendant près de deux siècles, sur le littoral d’une province largement ouverte sur la mer. Parmi les centaines de cartes et plans consultables sur le site des Archives départementales de l’Hérault, nous avons retenu celles et ceux qui documentent quelques moments clés de l’évolution des aménagements du littoral languedocien.
Stéphane Durand, Maître de conférences HDR en histoire moderne, Membre du C.R.I.S.E.S. (Centre de Recherches Interdisciplinaires en Sciences humaines Et Sociales), Université Paul Valéry – Montpellier III