L'Eclair. - N° 21772-21802. juillet 1937. ADH, 4 MI 186/297
Nous sommes l’après-midi du 29 juillet 1937 et l’été bat son plein dans le golfe d’Aigues- Mortes. C’est alors que la population entend, avec stupeur, une cinquantaine de coups de canon.
A cette date, non loin de là, la guerre civile espagnole fait rage et le conflit vient de s’exporter sur les côtes languedociennes. Un convoi républicain file vers Marseille. Il est composé d’un cargo charbonnier, l’ « Andutz Mendi », et de deux pétroliers, le « Zorroza » et le « Saustan-Valetta ». Ce convoi est attaqué à la limite des eaux territoriales par un sous- marin cédé par l’Italie de Mussolini à Franco.
Bâtiments de plaisance, n° 2980 à 3576 (absence de table alphabétique en fin de volume). 1925-1954. ADH, 4 S 621
Bâtiments de plaisance, n° 2980 à 3576 (absence de table alphabétique en fin de volume). 1925-1954. ADH, 4 S 621
Bâtiments de plaisance, n° 2980 à 3576 (absence de table alphabétique en fin de volume). 1925-1954. ADH, 4 S 621
Registre des navires soumis à des mesures spéciales. 1911-1943. ADH, 5 M 571
Le gardien du phare de l’Espiguette rapporte l’incident par téléphone à son supérieur, l’ingénieur subdivisionnaire du service maritime. Les autorités d’Aigues-Mortes sont ensuite informées. Le gardien précise que la canonnade a duré une trentaine de minutes (cote 4 S 621). Le cargo charbonnier a pris feu et son équipage a quitté le bâtiment, laissant des victimes à bord. Les deux pétroliers prennent la fuite et partent se réfugier dans le port de Sète. Nous retrouvons trace de leur accostage dans le registre du service sanitaire maritime (cote 5 M 571).
Matricules 399 à 537. 1911-1927. ADH, 4 S 704
Reste l’« Andutz Mendi », lequel a pris feu et demeure abandonné sur place. Au Grau-du-Roi, on dépêche des secours pour aller à la rencontre du bâtiment sinistré et de l’équipage évacué par des canots de sauvetage. L’arrière est toujours en feu et une fumée noire obscurcit le ciel. Ce sont des bateaux-bœufs, soit « Les cinq frères » et « Les cinq sœurs » du port de pêche du Grau-du-Roi, qui vont être utilisés afin de remorquer le navire. Le propriétaire de ces bateaux- bœufs est François Granier, patron de pêche et inscrit maritime. Il est possible de consulter aux Archives départementales de l’Hérault sa fiche matricule (cote 4 S 704), ainsi que celles de ses bateaux (cote 4 S 619).
L'Eclair. - N° 21772-21802. juillet 1937. ADH, 4 MI 186/297
Finalement, 10 marins sont définitivement portés disparus, et les 10 morts retrouvés sont enterrés au cimetière du Grau-du-Roi. Ce fait maritime rappelle aux autorités et à l’opinion publique que la cote languedocienne se trouve proche d’un conflit sanglant, où deux camps luttent à mort pour présider aux destinées du peuple espagnol.
Consulter les articles relatant les faits et parus dans l’Eclair les 30 et 31 juillet 1937
Chalutage spécifique au golfe du Lion, le bateau-bœuf consiste à utiliser deux embarcations conçues à cet effet et remorquant un chalut en couple, à la manière d’une paire de bœufs tirant une charrue. Ce sont les pêcheurs catalans, immigrés sur les côtes languedociennes, qui ont introduit cette technique. Elle s’est répandue très rapidement malgré les protestations des pratiquants de la petite pêche et les réticences des autorités chargées de réguler les pratiques halieutiques.
Auteur : Archives départementales de l'Hérault - Fabrice Descamps
Dernière révision : juin 2025