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Fonds de la famille Sabatier d'Espeyran (1539-1988)Nombre de notices : 537

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  • Répertoire méthodique de la sous-série 2 J

  • par Maximilien Girard, conservateur stagiaire du Patrimoine, Rafaël Hyacinthe, assistant de conservation du Patrimoine, Julien Duvaux, attaché de conservation du Patrimoine, sous la direction de Sylvie Desachy, conservatrice en chef du Patrimoine, directrice des Archives départementales

  • Archives départementales de l'Hérault

  • Montpellier - 2015

  • Contexte :

  • Nom du producteur

    Famille Sabatier, puis Sabatier d'Espeyran.
    Familles alliées : Didier, Pomier, Fournier, puis Fournier de Servant (et familles alliées : Curet, Cabassade, Servant, Bruguière, Roque et Reboul), de Trinquère, de Lasalle, Granier (et famille alliée Bouché), Durand.

    Maison de commerce de draps Puech et Sabatier.
    Maison de commerce de draps Jean Sabatier et fils.
    Manufacture de couvertures Zoé Granier.

  • Présentation du producteur

    Famille Sabatier

    Le premier membre connu de la famille Sabatier est un certain Guillaume Sabatier , originaire de Montpellier, qui fait son testament le 30 avril 1617. De son union avec sa première épouse, Françoise Durant, il a au moins quatre enfants : Pierre Sabatier , qui suit, Mathieu Sabatier , Ysabeau Sabatier et Françoise Sabatier . De sa seconde union avec Marie Rouquet, il ne semble pas qu'il ait eu de descendance.

    Pierre Sabatier , notaire royal à Montpellier de 1613 à 1656, décédé avant 1665, épouse Marguerite Salgues dont il a au moins deux fils : Guillaume Sabatier , mort avant 1693, et Antoine Sabatier qui suit. Catholique et fidèle au roi Louis XIII, il se tient et instrumente ses actes à l'extérieur de la ville d'avril à octobre 1622, du fait de la révolte des protestants montpelliérains et du siège de la cité par l'armée royale.

    Antoine Sabatier (1631-1712) épouse Marguerite Didier (1632-1706), fille de Pierre Didier et de Jeanne Clauzelle, décédés avant 1666. De leur mariage naissent au moins deux enfants : Guillaume Sabatier qui suit et Jeanne Sabatier (morte en 1693) , épouse de François Campan et mère de Magdelaine Campan.

    Guillaume Sabatier (ca 1667-1747) , avocat, épouse en 1691 Marguerite Mouton, fille de Pierre Mouton et Marguerite Montaud. De leur union naissent neuf enfants : François Sabatier qui suit, Antoine Sabatier (1692-1709) , Jean Sabatier (1701-1788) qui suivra, Marthe Sabatier (1702-1751) , Joseph Sabatier, né en 1703 et vivant en 1747 , Anne Sabatier, née en 1707 et vivante en 1747 , Jean-Baptiste Sabatier, prêtre de l'Oratoire (1710-1795) , Marie Sabatier (1711-1742) , épouse de Jean André Daché et mère de Marie-Thérèse Daché, et Jean-Etienne Sabatier .

    François Sabatier (1691-1739) épouse Magdelaine Nissole. De ce mariage naissent Guillaume Sabatier , François Sabatier et Jean Sabatier , docteur en médecine, vivant en 1788, qui épouse en 1765 Jeanne Vernède.

    Jean Sabatier (1701-1788) , négociant en draps à la tête de la maison Jean Sabatier et fils, fournissant les lits militaires de l'armée royale, épouse Jeanne Pomier (1712-1801). De cette union naissent Guillaume Sabatier (1730-1808) qui suit, Marie Sabatier (1739-1818) , épouse de Jacques-Guillaume Sabatier (mort en 1808), sans postérité, Jean-Baptiste Sabatier (1741-1786) qui suivra, Marie-Fortunée Sabatier (1750-1825) , religieuse au couvent de la Visitation Sainte-Marie à Paris, et 12 autres enfants morts en bas âge.

    Guillaume Sabatier (1730-1808) , banquier et négociant à Paris, devient notamment administrateur de la Compagnie des Indes orientales en 1785 et fermier général du Languedoc. Ses multiples activités lui permettent de s'élever à la tête d'un véritable empire financier grâce auquel il est en mesure d'acquérir en 1791, à la faveur de la vente des Biens Nationaux, les domaine et château d'Espeyran dans le Gard, auparavant propriété de l'abbaye de Saint-Gilles, ainsi que le domaine de Maurin et des Aresquiers, dans la commune de Lattes (Hérault). Emprisonné sous la Terreur comme bien d'autres fermiers généraux et financiers de l'Ancien régime, il ne doit son salut qu'à l'intervention de son cousin Jean-Jacques Régis de Cambacérès (1753-1824), futur rédacteur du Code civil. La Révolution ne sonne pas le glas de sa carrière, bien au contraire. Après la chute de Robespierre, il poursuit ses activités bancaires sous la Convention thermidorienne, participe au rachat de la Compagnie des mines d'Anzin sous le Directoire et devient sous le Consulat l'un des premiers actionnaires de la nouvelle Banque de France, où il obtient un siège de censeur en 1800, dont il démissionnera en 1803. Il s'éteint en 1808, dans son château d'Ors à Châteaufort dans les actuelles Yvelines. Il est le premier de sa famille à donner au nom des Sabatier une envergure véritablement nationale, dépassant son rayonnement languedocien. De sa relation avec Jeanne Baudin Dalogny/d'Alogny (par la suite baronne Lavabre), il laisse un fils naturel, Auguste (dit Augustin) Sabatier (1785-1813) , dont il reconnaît la paternité en 1808. Augustin hérite de la moitié de la fortune de son père en 1808, mais meurt cinq ans plus tard sans postérité, laissant ses biens à sa mère. La seconde moitié de la fortune de Guillaume Sabatier va à ses deux soeurs cadettes, Marie, habitant à Montpellier, et Marie-Fortunée, résidant à Paris, qui elles-mêmes la lègueront à leurs trois petits-neveux Frédéric, Félix et François Sabatier.

    Jean-Baptiste Sabatier (1741-1786) , frère cadet de Guillaume, resté à Montpellier, prend la tête de la maison paternelle Sabatier et fils. La quarantaine passée, toujours célibataire, il tombe amoureux d'une comédienne versaillaise en tournée avec sa troupe dans le Midi, Marie-Jeanne Bedeau, dite la Montainville (plus tard épouse de Charles Corréard, établi à Marseille). De leur liaison naît le 7 septembre 1785 un enfant naturel, Jean-Baptiste Félix , qui suit. Quelques mois plus tard, Jean-Baptiste meurt de maladie, sans avoir reconnu le fils que lui a donné Marie-Jeanne Bedeau, soit qu'il n'ait voulu, soit qu'il n'ait pu le faire sous la pression de sa famille.

    Jean-Baptiste Félix Sabatier dit Félix, baptisé le 8 septembre 1785 en l'église Notre-Dame-des-Tables de Montpellier, naît donc officiellement de parents inconnus et ne reçoit aucun nom de famille. Il est cependant élevé par sa grand-mère, Jeanne Sabatier, née Pomier, sa tante Marie Sabatier et son oncle Jacques-Guillaume Sabatier. Il faut attendre la Révolution et la loi du 12 brumaire an II sur les enfants naturels et leur admission à la succession paternelle pour que le petit Félix soit reconnu comme né de la liaison de Jean-Baptiste Sabatier et de Marie-Jeanne Bedeau. Sa mère intente en effet une action dans ce but au cours de l'an III et obtient gain de cause en produisant une série de douze lettres que lui avaient adressées le défunt et qui attestent de leur relation. Félix peut dès lors prétendre à la succession de son père et de tous ses autres parents paternels (cf. 2 J 140). Il grandit à Montpellier dans sa famille qui paraît d'autant mieux le traiter qu'il s'avère être le seul descendant de la dynastie, hormis son cousin germain Augustin Sabatier, lui aussi né hors mariage. Parvenu à l'âge adulte, il reprend les activités bancaires et commerciales des Sabatier du Languedoc et acquiert en 1816 du comte Jean Charlemagne Meynier de Lasalle le domaine viticole de La Tour de Farges à Lunel-Viel (cf. 2 J 108 et 2 J 352). Il gère, semble-t-il, les affaires de sa tante Marie Sabatier, veuve en 1808 et aveugle, héritière pour le quart de la fortune de son frère Guillaume Sabatier de Paris et en cette qualité propriétaire des domaines d'Espeyran et de Maurin. A l'été 1814, peu après la restauration de la Monarchie, Félix entreprend un voyage à Paris et consigne dans un carnet le trajet emprunté en berline depuis le Languedoc jusque dans la capitale et toutes ses dépenses une fois sur place (cf. 2 J 250). Féru de langues et de littératures de l'Antiquité, il apprend le grec ancien en autodidacte et se dote d'une riche bibliothèque.

    Un projet de mariage entre lui et une certaine Clémentine Clément voit le jour en 1809. Si la religieuse Marie-Fortunée Sabatier, sa tante, soutient celui-ci, son autre tante de Montpellier s'y oppose (cf. 2 J 151) et Félix convole finalement en noces en 1812 avec Aglaé Jeanne Sainte-Hermine Fournier de Servant (1793-1866), dite Hermine, fille de François Fournier de Servant (1728-1793) et de Jeanne Elisabeth Etienne Roque (1761-1839), originaires du Lunellois. De cette union naissent quatre fils : Guillaume Jean-Baptiste Marie Frédéric Sabatier (1813-1864) , dit Frédéric Sabatier d'Espeyran, qui suivra, Jean-Baptiste Marie Fortuné Sabatier (1814-1816) , dit Fortuné, Marie Michel Jean Félix Sabatier (1816-1894) , dit Félix, et Marie Jean-Baptiste François Sabatier (1818-1892) , dit François, qui suivront.

    Jean-Baptiste Félix Sabatier meurt prématurément en 1818, à l'âge de 33 ans (on dispose de son rapport d'autopsie, cf. 2 J 140) , quelques mois avant sa tante Marie Sabatier, laissant sa veuve Hermine tutrice de ses trois fils survivants.

    Frédéric Sabatier et ses deux frères cadets Félix et François , orphelins de père, font l'objet de toutes les attentions de leur parents. Quelques mois après le décès de Jean-Baptiste Félix, leur grande-tante Marie Sabatier institue pour son héritier universel Frédéric, dont elle est la marraine, et lègue 150 000 francs à ses deux autres petits-neveux (cf. testament du 24 juillet 1818, coté 2 J 153). La religieuse Marie-Fortunée Sabatier institue à son tour le 19 octobre de la même année pour ses légataires universels les trois enfants, chacun pour un tiers (cf. 2 J 162). Un conseil de famille tenu en 1818 attribue dans un premier temps la tutelle des trois frères mineurs et la gestion de leurs biens à leur mère, Aglaé Jeanne Hermine Fournier de Servant. Celle-ci s'en défait toutefois en 1827, année de son remariage à Paris avec le vicomte Charles Meynier de Lasalle. Leur grand-oncle maternel, l'abbé Jean Antoine Frédéric Roque (1762-1843), chanoine honoraire de la cathédrale de Montpellier, l'assume alors pendant un an, avant de la laisser à sa soeur, Jeanne Elisabeth Etienne Roque (1761-1839), veuve Fournier de Servant, leur grand-mère. Les trois jeunes Sabatier reçoivent la meilleure éducation qui soit pour de jeunes bourgeois fortunés en effectuant leur scolarité dans de grands pensionnats privés catholiques des années 1820-1830, de France ou de Suisse : au petit-séminaire Saint-Louis d'Aix-en-Provence, au collège jésuite Saint-Michel de Fribourg, au collège de Brigue, au collège de Montolieu, à l'école Saint-Raymond et François Ier de Toulouse, à l'institution Landry et au collège Stanislas à Paris notamment. C'est là qu'ils acquièrent une éducation classique, reposant entre autres sur l'étude du latin, du grec ancien, de la grammaire et de la rhétorique, de l'histoire et de la philosophie, de la religion chrétienne, de l'anglais et de l'allemand, des mathématiques et des sciences (cf. 2 J 301).

    Devenus tous les trois majeurs, Frédéric, Félix et François se répartissent les biens provenant de la succession de leur père et de leurs deux grandes-tantes au début des années 1840. A Frédéric échoit notamment les domaine et château d'Espeyran, toponyme qu'il accole désormais à son patronyme (ses descendants porteront le plus souvent le nom de Sabatier d'Espeyran), tandis que Félix reçoit le domaine de Maurin et des Aresquiers et que François se voit attribuer celui de la Tour de Farges.

    Frédéric épouse en 1845 Marie Claire Léonie Félicie Durand (1819-1899), dite Félicie, fille de François Louis Auguste Durand, banquier, et de Marie Louise Augustine Durand. Il s'agit d'une alliance de choix, la famille Durand ayant donné un député de l'Hérault à la Chambre sous la Seconde Restauration en la personne du grand-père paternel de Félicie, Marie Jacques Durand, élu en août 1815 et créé baron par Louis XVIII en 1816. De cette union naît un fils unique, Félix Guillaume Sabatier d'Espeyran (1850-1938) , dit Guillaume, qui suivra.

    Félix Sabatier n'est pas en reste : il se marie avant son frère aîné, dès 1842, avec Marie Augustine Granier (1822-1898), fille de Guillaume Zoé Granier (1788-1856), maire de Montpellier en 1830-1831, puis de 1833 à 1844, et député de l'Hérault durant toute la Monarchie de Juillet. Ce mariage de raison avec l'héritière d'une riche famille de drapiers et de banquiers lui permet de s'installer dans le luxueux hôtel de Lunas, résidence montpelliéraine de la famille Granier et dot de son épouse. Leur union ne donnera toutefois pas lieu à une descendance.

    Le puîné, François Sabatier, enfin, épouse quant à lui en premières noces, contre l'avis de sa mère, la cantatrice autrichienne Caroline Marie Unger (1803-1877), de quinze ans son aînée. Il n'aura pas de postérité. Au soir de sa vie, il se remarie en 1888 pour rompre sa solitude avec une femme cultivée, Marie Boll, originaire de Colmar, elle-même veuve d'un Saxon du nom de Jung, peintre sur porcelaine.

    Les trois frères Sabatier, très liés, sont des hommes d'affaires, des investisseurs éclairés qui détiennent des parts dans le mines de charbon de Graissessac ou d'Anzin par exemple, mais aussi dans différentes entreprises innovantes comme les chemins de fer qui se mettent en place dans le Languedoc sous Louis-Philippe puis Napoléon III. Ce sont aussi de grands gestionnaires de leurs exploitations agricoles et viticoles. Chacun d'entre eux met en valeur ses propres vignobles et, si Frédéric se passionne pour l'élevage de chevaux de course dans les écuries de son domaine d'Espeyran, François se penche sur les problèmes de greffage de vignes à la Tour de Farges et remporte la médaille de la Société d'agriculture de l'Hérault. Frédéric, Félix et François, tout comme leur mère Hermine, épouse de Lasalle, et leur demie-soeur Cécile de Lasalle, épouse de Bonald, partagent par ailleurs leur temps avec leur belle-famille respective entre le Languedoc et Paris, où ils trouvent leur place dans la société mondaine et fréquentent grands bourgeois, aristocrates et intellectuels.

    Bien qu'ayant reçu tous les trois la même excellente éducation, Frédéric et Félix le cèdent sans conteste à leur benjamin François qui fait figure d'artiste, d'intellectuel et d'érudit de la famille. Venu dès son adolescence à Paris, il y rencontre le poète Alfred de Vigny, qui reconnaît son talent littéraire, se lie avec plusieurs artistes tels que les peintres Paul Chenavard et Auguste Bouquet, avec des écrivains comme Ferdinand Dugué ou des archivistes-paléographes comme Léon Aubineau (2 J 273). Au tournant des années 1830 et 1840, François Sabatier découvre l'Italie et son immense patrimoine. Il passe par Rome où il rencontre des artistes français tels que Dominique Papéty ou Auguste Ottin, tous deux pensionnaires de la Villa Médicis, alors dirigée par Jean Auguste Dominique Ingres, ainsi que le peintre Henri Lehmann. Le jeune François s'intéresse alors, sous l'influence d'Ottin et de Bouquet, aux théories socialistes telles que celles de Charles Fourier, concepteur du Phalanstère et s'initierait même au carbonarisme. C'est au cours de son voyage italien qu'il rencontre sa future épouse, la cantatrice viennoise Caroline Unger, dernière muse du compositeur Beethoven. Après leur mariage, le couple établit sa résidence à Florence, au palazzo Renai et à la Villa della Concezione, rendez-vous de tous les artistes de passage en Toscane. Néanmoins, François ne cesse de voyager, avec Papéty en 1846, à travers le jeune royaume de Grèce et au Mont Athos encore sous domination ottomane, puis avec Caroline en compagnie de laquelle il découvre l'Autriche et l'Allemagne, où il se prend de passion pour la littérature germanique, passion qu'il poussera jusqu'à traduire lui-même en français Schiller et plus tard le Faust de Goethe ! Chaque année, il se rend à Paris et dans son domaine de la Tour de Farges, où il reçoit de grandes figures telles que Gustave Courbet qui y peindra plusieurs toiles célèbres, l'historien Jules Michelet ou encore Karl Marx. Républicain convaincu au sein d'une famille légitimiste, François Sabatier soutient la construction du Familistère de Guise, qui concrétise le projet social fouriériste. Sa curiosité le pousse par ailleurs à étudier la botanique et la géologie. Il correspond ainsi dans les années 1860 avec le géologue et alpiniste suisse Edouard Desor (1811-1882) (2 J 329). A la fin de sa vie, il ne maîtrise pas moins de quatorze langues vivantes et anciennes, connaissant même le sanskrit !

    Sans enfant, il recueille dès 1846 avec Caroline Unger la petite Louise Boucher (1835-1909), fille naturelle de son ami Auguste Bouquet mort prématurément et de Louise Eudoxie Boucher. Il élève lui-même cet enfant qu'il considère comme sa fille adoptive et qui épouse par la suite Michele Benedetto Gaetano Amari (1806-1889), historien arabisant, sénateur et ministre de l'Instruction publique du royaume d'Italie dans les années 1860. Louise Boucher, établie à Rome, est d'ailleurs l'un des héritiers de François, avec ses neveux Guillaume Sabatier d'Espeyran et Henri de Bonald. A sa mort en 1892, François Sabatier lègue un grand nombre d'oeuvres d'art et de livres anciens au musée Fabre, à ceux du Louvre et de Marseille et à la bibliothèque de Montpellier. Il est le premier Sabatier à se dessaisir de la sorte d'une partie de son patrimoine pour en faire bénéficier le public. Il repose aux côtés de Caroline Unger au cimetière de San Miniato al Monte à Florence.

    Félix Guillaume Sabatier d'Espeyran (1850-1938) , son neveu, fils de Frédéric, réunit sur son chef en l'espace de quelques années les différents biens immobiliers qui avait constitué la fortune de son grand-père Félix Sabatier, mort en 1818. Il tient en effet de son père disparu en 1864 le domaine d'Espeyran et des biens dans le Lunellois et reçoit des successions de ses oncles François et Félix ouvertes en 1892 et 1894 les domaines de la Tour de Farges et de Maurin entre autres, en plus de l'hôtel de Lunas venu des Granier. A cela, il convient de rajouter les immeubles à Sète qui lui viennent de sa mère et l'hôtel particulier du Rond-point des Champs-Elysées à Paris que Félicie Durand a fait bâtir en style néo-Louis XV en 1888 par l'architecte Henri Parent et qui restera dans la famille jusqu'au début des années 1950.

     ...  

  • Historique de la conservation

    Le fonds d'archives de la famille Sabatier, puis Sabatier d'Espeyran, a été conservé par les membres de celle-ci jusqu'à l'époque des dons dont il a fait l'objet. Les documents sont ainsi passés de main en main, toujours plus nombreux au fil des générations et des successions, depuis l'Ancien régime jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle. L'avocat Guillaume Sabatier est probablement le premier détenteur des papiers de la famille. Ils échoient ensuite à son fils Jean Sabatier , drapier, puis aux enfants de celui-ci, le banquier Guillaume Sabatier de Paris, d'une part, et Marie Sabatier de Montpellier. Cette dernière, héritière pour un quart de la fortune de son frère, récupère vraisemblablement un certain nombre de ses documents dans le cadre de sa succession. Elle laisse elle-même ensuite l'ensemble de ses archives, pour l'essentiel constituées des documents de ses parents et ancêtres, à l'aîné de ses petits-neveux, Frédéric Sabatier d'Espeyran , dépositaire également des papiers de son père Félix . Ce 'noyau dur' passe dès lors entre les mains du fils de celui-ci, Guillaume , qui récupère aussi les archives de ses oncles Félix et François , morts sans postérité. Guillaume semble d'ailleurs être le seul homme de la famille à s'intéresser à l'ensemble de ces papiers qu'il annote et essaye d'ordonner quelque peu. Les documents se rapportant aux familles alliées aux Sabatier rentrent quant à eux au gré des alliances matrimoniales qu'ils ont conclues et des dévolutions d'héritage en ligne féminine. Le fonds est fort enrichi par l'entrée des documents des familles Fournier de Servant et Roque, par l'intermédiaire de Jeanne Elisabeth Etienne Roque, veuve Fournier de Servant, grand-mère maternel de Frédéric , Félix et François . A sa mort en 1938, Guillaume laisse derrière lui quatre fils. Pour autant, l'intégrité du fonds d'archives de la famille ne paraît pas mise à mal. Il semble que Pierre Sabatier ait hérité de l'ensemble de celles-ci, qu'il offre aux Archives départementales de l'Hérault par plusieurs dons au cours des années 1950-1960.

    Lors de son arrivée aux Archives départementales, le fonds Sabatier d'Espeyran, fait l'objet d'une première cotation et d'un classement réalisé par Yvette Le Brigand. Il est reclassé et recoté au cours du second semestre 2014. Le tableau de concordance ci-dessous permet de retrouver les nouvelles cotes (NC), à partir des anciennes (AC) ; seules les cotes modifiées ou dont les dossiers ont été répartis dans de nouveaux dossiers apparaissent :

    AC = NC

    2 J 73 = 2 J 99
    2 J 74 = 2 J 72
    2 J 87 = 2 J 80
    2 J 92 = 2 J 96
    2 J 93 = 2 J 404
    2 J 98 = 2 J 58, 2 J 98
    2 J 100 = 2 J 406
    2 J 101 = 2 J 102, 2 J 403
    2 J 106 = 2 J 106, 2 J 117, 2 J 299, 2 J 350, 2 J 356, 2 J 357-359, 2 J 367, 2 J 384- ...  

  • Modalités d’entrées

    Le fonds a fait l'objet de plusieurs dons de la part de Pierre Sabatier. Le premier remonte au 26 avril et 8 mai 1952 (entrées n° 203 et 207). Vient ensuite un deuxième don le 1er décembre 1956 (entrée n° 360), puis ceux de mars 1960, 1965, mai 1968 et février 1969 (tous les quatre sans n° d'entrée).

    En 1979, par son testament, Pierre Sabatier prévoit de léguer aux Achives départementales de l'Hérault ses notes et papiers personnels. Ce legs n'est cependant jamais rentré aux Archives.

    Le fonds est toutefois enrichi par l'achat réalisé en vente publique le 29 février 2012 par les Archives départementales de l'Hérault de documents se rapportant à la vie privée et aux activités littéraires et artistiques de Pierre Sabatier (entrée n° 5270, 17 août 2012). ...  

  • Contenu et structure :

  • Mode de classement

    ARCHIVES FAMILIALES (1614-1988).

    - Famille Sabatier (1617 - 1988).

    - Familles alliées : famille Didier, famille Pomier, famille Fournier de Servant et familles alliées (Curet, Cabassade, Servant, Bruguière, Roque, Reboul), famille de Trinquière, famille Meynier de Lasalle, famille ranier et alliées, famille Durand (1614-1869).

    - Documents isolés (1891-1e moitié XXe siècle).

    ARCHIVES DES DOMAINES, MAISONS ET APPARTEMENTS (1539-1963)

    - Gard : domaine et château d'Espeyran (1742-1888).

    - Hérault : Montpellier, Lunel-Viel, Assas, Bessan, Lattes et Saint-Jean-de-Védas, Lunel, Sète, Villeneuve-lès-Maguelone (1539-1938).

    - Paris et Hauts-de-Seine (1949-1963).

    - Dossiers communs aux différentes propriétés des Sabatier, sises notamment à Montpellier, Sète et Espeyran (fin XVIIIe siècle - 1933).

    ARCHIVES PROFESSIONNELLES ET ECONOMIQUES (1669-1935)

    - Maison de commerce de draps Puech et Sabatier (1669-1750).

    - Maison de commerce de draps Jean Sabatier et fils (1745-1790).

    - Manufacture de couvertures Zoé Granier (1840-1881).

    - Sociétés minières, chimiques et de transport (1757-1934).

    - Sociétés sans lien apparent avec la famille Sabatier (1927-1935). ...  

  • Conditions d’accès et d’utilisation :

  • Modalités d’accès

    Librement communicable.

  • Langue

    Français, allemand, italien, latin, grec ancien.

  • Sources complémentaires :

  • Documents séparés

    Les Archives municipales de Montpellier conservent sous la cote 13 S un fonds Pierre Sabatier d'Espeyran contenant notamment six albums-photos qui rassemble des documents liés à son activité littéraire (photographies, coupures de presse, correspondance, programmes de pièces de théâtre pour la période 1947-1975), des photographies (XIXe-XXe siècles), de la correspondance familiale, une liasse comprenant de la correspondance personnelle et professionnelle (1967 -1980), de la documentation pour le Prix Méridien (1982) et sa carte du Comité professionnel des auteurs dramatiques, compositeurs et éditeurs de musique (1944).

    A ce fonds s'ajoute une liasse non cotée de documents (XIXe-XXe siècles) provenant de l'hôtel de Lunas et se rapportant à son aménagement (plans, mémoires de travaux). Enfin, les Archives municipales conservent, toujours sans cote, les testaments de Frédéric Sabatier d'Espeyran et de de sa veuve, Renée de Cabrières. ...  

  • Bibliographie

    Ouvrages :

    François Delmas, Bibliothèque de Frédéric Sabatier d'Espeyran, Montpellier 1965.

    Jérôme Farigoule et Isabelle Groux de Mieri, Hôtel de Cabrières-Sabatier d'Espeyran : département des Arts décoratifs du musée Fabre, Paris-Montpellier 2010.

    François Sabatier, Salon de 1851, Paris 1851.

    François Sabatier, Le Faust de Goethe. Traduit en français dans le mètre de l'original et suivant les règles de la versification allemande , Paris 1893.

    Friedrich Schiller, Wilhelm Tell. Poëme dramatique, trad. François Sabatier, Königsberg 1859.

    1919-1939 : 20 ans de bibliophilie dans la collection Frédéric Sabatier d'Espeyran : , Musée Fabre, , avril-mai 1991, Ville de Montpellier, Bibliothèque municipale, Montpellier 1991.

    DRAC Languedoc-Roussillon, Le château d'Espeyran, maison des Illustres, collection DUO, Montpellier 2015.

    Articles :

    Otto Hartwig, ' François Sabatier und Caroline Sabatier-Unger ', Deutsche Rundschau 91 (1897), p. 227-243.

    Michel Hilaire, ' L'autre rencontre : François Sabatier et l'art 'phalanstérien' ', dans Courbet/Proudhon, l'art et le peuple, catalogue d'exposition, Besançon 2010, p. 49-62.

    Fanny Lewald, ' Caroline Unger-Sabatier ', dans Zwölf Bilder nach dem Leben. Erinnerungen, Berlin 1888, p. 75-93.

    Travaux :

    Patrick Lacourt, Une entreprise montpelliéraine au XVIIIe siècle : la maison Sabatier, 1749-1808, s. l. 1971, 284 p. (mémoire dactyl.).

    Sandra Finardi de Quadros, Un hôtel montpelliérain et son décor dans la deuxième moitié du XIXe siècle : Hôtel de Cabrières Sabatier d'Espeyran, s. l. 1980 (thèse de doctorat, Univ. Montpellier-III, dactyl. ...