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Hôpitaux de Béziers (1337-1968)Nombre de notices : 561

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  • Répertoire de la sous-série 4 HDT

  • par Jean-Gabriel Gigot, Annette Sahraoui, Yvette Aubail et Rafaël Hyacinthe

  • Archives départementales de l'Hérault

  • Montpellier - 2008

  • Contexte :

  • Nom du producteur

    Hôpital Mage puis hôpital mixte de Béziers. Hôpital général puis hospice Saint-Joseph de Béziers. Maison du Refuge ou du Bon Pasteur de Béziers. Maladrerie de Béziers

  • Présentation du producteur

    Différents hôpitaux se sont succédés à Béziers depuis le Moyen Âge.

    L'HÔPITAL MAGE

    Le premier hôpital, relevant du chapitre cathédral, était placé sous la titulature de Saint-Jacques. Il est attesté dès 1337 sous le nom générique d'hôpital des 'Pauvres du Christ' (4 HDT 1 B1). La confrérie dite de Notre-Dame du Sède assurait quant à elle la distribution de pain aux pauvres et aux pèlerins aux portes du pont. A la fin du XVe siècle, une première réforme hospitalière parvint à unir quatre hôpitaux préexistants, dont celui de la confrérie de Notre-Dame du Sède, en une seule entité. Sous la protection de l'évêché et l'administration des consuls municipaux, elle prit dès lors le nom commun d'hôpital Mage. Par un échange de bâtiments (4 HDT 1 A 1), l'hôpital s'établit en 1481 dans les murs de l'ancien couvent des Augustins de Béziers, près de porte de Tour Ventouse. C'est entre ces murs que fut aménagé entre 1508 et 1513 un nouvel édifice. Il se situait dans la ville, rue de l'Argenterie. La gestion fut dès lors assurée par un 'baile', ou 'recteur', chargé d'y assurer l'accueil de malades. Les pauvres y étaient également reçus comme pensionnaires, sur billet des consuls de Béziers. Il s'agissait d'une action à l'échelle diocésaine pour indigents (4 HDT 1 E 44). Des distributions, dites 'passades', sont également effectuées en faveur des pèlerins et pauvres passants. En 1645, l'administration quotidienne fut confiée à des religieuses de la Charité Notre-Dame (4 HDT 1 E 1), qui servirent jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. L'hôpital accueillait alors hommes et femmes, tout en assurant la prise en charge des enfants abandonnés du diocèse. La comptabilité était rendue annuellement par la prieure ou 'mère' de la communauté hospitalière (4 HDT 1 E 1-41). Les sœurs continuèrent à assurer les distributions de pain aux pauvres et aux pèlerins.

    En 1677, l'hôpital se composait d'une église, d'une salle des malades, et de cellules pour les domestiques et servants (4 HDT 1 E 48). Les malades occupaient chacun un lit, individualisé par le nom d'un saint faisant référence pour le suivi médical (4 HDT 1 F 5-6). Une apothicairerie est attestée en 1660 (4 HDT 1 E 46 et 47). Les enfants abandonnés étaient également recueillis pour être placés chez des nourrices (4 HDT 1 G 1-3).

    Les bâtiments furent convertis en salle de spectacle à partir de 1793, tandis que l'hôpital Mage fut transféré en 1803 dans les locaux de l'ancienne congrégation de Saint-Lazare, situés à l'extérieur de la ville. Sous le titre désormais d''Hôtel-Dieu', puis d''hôpital mixte', il fut desservi par les sœurs de la Charité Notre-Dame jusqu'en 1850, date à laquelle elles furent remplacées par des Filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul.

    L'HÔPITAL GÉNÉRAL SAINT-JOSEPH

    L'Hôpital général Saint-Joseph fut institué dès 1658, sous le nom d''hôpital de la Charité et réduction des pauvres' (4 HDT 2 E 1). Il se trouvait à la sortie de la porte de la citadelle de la ville. Il était administré par un bureau également appelé 'commission des six ou du mardi'. Le personnel se limitait dans un premier temps à un prêtre, des sœurs et des domestiques, avant que les Filles de la Charité, dites 'sœurs grises' ne s'y établissent également à partir de 1699. Elles assuraient l'éducation des enfants jusqu'à leur majorité. Les adultes étaient quant à eux chargés à partir de 1721 d'effectuer des travaux dans la manufacture de cotonnade, dite filature de l'hospice Saint-Joseph, dans deux ateliers placés sous la direction d'une sœur et d'un maître. Tous les samedis, un des directeurs du Bureau, dit 'administrateur de tour', faisait une visite de contrôle (4 HDT 2 E 16-20). Enfin, les sœurs tenaient une officine et un médecin rendait régulièrement visite aux pauvres.

    Les accords passés avec des négociants en textile de la région montrent l'importance de cette source de revenus (4 HDT 2 E 26-27). Tandis que l'hôpital Mage accueille les malades, l'Hôpital général assurait la subsistance et le logement des enfants en apprentissage jusqu'à leur majorité, et des vieillards et indigents, en contrepartie de ce travail à la manufacture (4 HDT 2 G 1-6).

    Cette institution bénéficia du soutien temporel de la hiérarchie ecclésiastique : elle obtint ainsi une part sur la succession des évêques de Béziers, grâce à Mgr de Rousset (4 HDT 2 B5-6).

    LA MALADRERIE, UNIE A L'HÔPITAL GÉNÉRAL

    Un autre hôpital avait été institué en 1290 par le roi Philippe le Bel, à la tête du pont de l'Orb, pour la réception de pèlerins et pauvres passants. Il devint progressivement spécialisé dans l'accueil des lépreux, sous le nom de 'maladrerie du bout du Pont', dans un quartier qui a depuis retenu ce nom. Il était administré en 1611 par un bailli, lui-même lépreux. Les malades décédés y étaient enterrés et des messes mortuaires commémoratives étaient célébrées dans la chapelle Notre-Dame. En 1672, la tentative de réforme hospitalière de Louis XIV concerna également la maladrerie de Béziers : après toute une procédure contre l'Ordre de Saint-Lazare et Notre-Dame du Mont Carmel, cet établissement tombé en désuétude fut rattaché à l'hôpital Mage en 1698. Il disparut peu après, converti en biens fonciers sources de revenus (4 HDT 2 N 3).

    LA MAISON DU REFUGE, UNIE A L'HÔPITAL GÉNÉRAL

    En 1738, la maison du Refuge fut également réunie à l'Hôpital général par l'évêque. Comme à Montpellier (voir la sous-série 73 H), cet établissement assurait depuis 1686 l'accueil de pénitentes internées volontairement ou par ordre de justice ou par décisions des familles (4 HDT 3 F 1-2). Son administration fut dès lors assurée par sept membres du Bureau de l'Hôpital général, spécialement délégués à cet établissement, sous la présidence du vicaire général de l'évêque (4 HDT 3 E 1-4). Il se situait entre la rue Sainte-Aphrodise et celle des Bains. Les 'filles de mauvaise vie' y filaient notamment la laine au sein d'un atelier, pour des fabricants de draps de Lodève, Clermont et Saint-Chinian (4 HDT 3 G 1). La vente du basin ainsi produit servait à l'entretien de la communauté. Sous l'invocation du 'Bon Pasteur', ce fut une succursale hospitalière jusqu'à sa fermeture en 1791.

    LES HOSPICES CIVILS RÉUNIS EN 1793

    En 1793, les deux hôpitaux principaux, Hôtel-Dieu et hôpital général Saint-Joseph, furent fusionnés en 'hospices civils réunis' (4 HDT 1 L 2). Ils furent dès lors administrés par une commission relevant de l'administration municipale, qui prit en 1830 le nom de Bureau de Bienfaisance de Béziers (4 HDT 1 L 9). Cette commission tenait des séances hebdomadaires alternativement à l'hospice Saint-Joseph et à l'Hôtel-Dieu, dit ensuite hôpital mixte. Des dons et legs importants au XIXe siècle (4 HDT 1 N 1-20) permirent à ces établissements de continuer à assurer l'accueil d'hommes et femmes malades (dans l'hôpital mixte), mais également de vieillards, orphelins, enfants de familles indigentes (à l'hospice Saint-Joseph), pendant encore deux siècles. Cette action s'étendit progressivement à l'accueil de femmes en couches à l'Hôtel-Dieu, et ce jusqu'à l'établissement d'une maternité moderne vers 1863 (4 HDT 1 Q 81-100). De même, l'établissement d'un 'tour' à l'hospice montre combien Béziers assumait continuellement l'accueil des enfants délaissés (4 HDT 1 O 2 et 1 Q 101-120).

    En 1930, l'ancien hôpital mixte, alors situé place du général de Gaulle, fut délaissé pour un site sur l'avenue Perreal, où sera construit un hôpital comprenant un service de médecine générale, un service de chirurgie, un service de neuropsychiatrie et une maternité (4 HDT R 1-19). En 1995, le bâtiment est rénové, pour devenir le centre hospitalier actuel, dans le quartier de Montimaran. ...  

  • Historique de la conservation

    Le premier versement des archives anciennes a été effectué en 1974. Un premier inventaire dactylographié a été rédigé par J.G. Gigot, en 1976. Un deuxième versement, concernant des archives allant jusqu'aux années 1850, a eu lieu en 1995. Il a été intégré au premier fonds par Yvette Aubail en 2003 (fichier word). Un troisième versement, portant principalement sur des documents de la fin du XIXe et du XXe siècle, a eu lieu en janvier 2008. Ces éléments ont été analysés et ajoutés aux premiers inventaires, revus et augmentés par R. Hyacinthe. C'est à cette occasion que les 12 soit-disant 'comptes en recettes et dépenses' qui portaient la cote 4 HDT E 1 à 12, ont pu être analysés : ils ont été reclassés en 4 HDT H 1 à 12. De même l'ancien 4 HDT 2 E 15 est devenu 4 HDT 2 G 7.

    Quelques épaves concernant les hôpitaux de Béziers, provenant du classement de la série H, ont été intégrées dans cette sous-série 4 HDT. Inversement, deux compoix de Vendres (de 1506 et 1672), probablement copiés en vue de l'administration de la grange de l'hôpital en ce lieu (4 HDT 1 B 5), ont rejoint le fonds des archives communales déposées de Vendres aux archives départementales de l'Hérault. ...  

  • Modalités d’entrées

    Versements (1974, 1995, 2008)

  • Contenu et structure :

  • Présentation du contenu

    Outre tous les documents qui éclairent la vie des différents hôpitaux de Béziers depuis le Moyen Âge, la sous-série 4 HDT contient quelques pièces spécifiques indirectement reliées à l'histoire des hôpitaux. Une succession, close en 1900, comprend ainsi les papiers de la société de commerce d'objets d'art et 'd'articles de goût' fondée par Cabanes à Paris en 1827 (4 HDT 1 N 12). On trouve également, sous le titre erroné de 'comptabilité de l'Hôtel-Dieu', des archives comptables de familles de marchands en textile de Béziers de la fin du XVIIe siècle, éventuellement à rapprocher des archives des manufactures du Refuge et de l'Hôpital général (4 HDT H 1-10). ...  

  • Tris et éliminations

    Lors du classement du dernier versement, plusieurs éléments du fonds ont pu être éliminés :

    - les doubles et minutes de comptabilité, dont les documents récapitulatifs et définitifs sont conservés dans la sous-série 4 HDT 1 M.

    - les registres de mouvements journaliers, dont les informations se retrouvent dans les registres matricules de la sous-série 4 HDT 1 Q.

    En revanche, afin de compenser certaines lacunes et de constituer une série complète pour la recherche portant sur l'administration hospitalière pendant la seconde guerre mondiale, les archives comptables annexes (grands livres et registres d'entrées en matières), dont seuls des volumes des années 1940-1950 nous sont parvenus, ont été exceptionnellement conservés sous la cote 4 HDT 2 M. ...  

  • Mode de classement

    ARCHIVES ANTERIEURES A 1790

    Hôpital Mage

    - Actes de fondation et ordonnances : 4 HDT 1 A 1-2

    - Titres de propriétés, revenus : 4 HDT 1 B 1-5

    - Administration de l'établissement : 4 HDT 1 E 1-49

    - Entrées et sorties, personnel : 4 HDT 1 F 1-8

    - Succursales de l'établissement (enfants trouvés) : 4 HDT 1 G 1-3

    Hôpital général Saint-Joseph

    - Titres de propriétés, revenus : 4 HDT 2 B 1-10

    - Inventaires généraux : 4 HDT 2 D 1

    - Administration de l'établissement : 4 HDT 2 E 1-40

    - Entrées et sorties, personnel : 4 HDT 2 F 1-2

    - Succursales de l'établissement (manufacture et léproserie) : 4 HDT 2 G 1-8

    Œuvre du Refuge ou du Bon Pasteur

    - Actes de fondation et ordonnances : 4 HDT 3 A 1

    - Administration de l'établissement : 4 HDT 3 E 1-4

    - Entrées et sorties, personnel : 4 HDT 3 F 1-2

    - Succursales de l'établissement : 4 HDT 3 G 1

    Archives ne rentrant pas dans les cadres institutionnels précédents : 4 HDT H 1-11

    ARCHIVES POSTERIEURES A 1790 : HOSPICES CIVILS REUNIS

    Personnel

    - Organisation : 4 HDT 1 K  ...  

  • Conditions d’accès et d’utilisation :

  • Modalités d’accès

    Archives publiques

  • Langue

    Occitan, latin et français.

  • Instruments de recherche

    Ce répertoire complète et remplace les précédents :

    GIGOT (Jean-Gabriel) et SAHRAOUI (Annette), H-dépôt des hospices de Béziers, Montpellier, Archives départementales de l'Hérault, 1974, 45 p., dact.

    AUBAIL (Yvette), Hôtel-Dieu de Béziers : répertoire numérique du versement de 1995, Montpellier, Archives départementales, 2003, 1 p., dact. (fichier word).

  • Sources complémentaires :

  • Sources complémentaires aux archives de l’Hérault

    ARCHIVES ANTERIEURES à 1790

    Série C : intendance du Languedoc

    C 552 : mémoire historique sur l'hôpital Mage de Béziers (1462-1762).

    C 553 : état de situation de l'hôpital Saint-Joseph (1785).

    C 561 : état des revenus et charges de l'Hôpital général de Béziers (1721-1755).

    C 569 : différend pour la vente d'un terrain attenant à l'hôpital Mage (1774).

    C 572 : lettre du Baron de Breteuil sur les enfants trouvés de l'Hôpital général de Béziers (1789).

    C 735 et 739 : correspondance relative aux soldats malades admis à l'hôpital de Béziers (1782-1785).

    C 1060 : emprunt des consuls à l'hôpital Saint-Joseph (1782).

    C 2024 : déclaration de l'évêque de Béziers pour la décharge du dixième sur les revenus de l'hôpital (1737).

    C 2563 : fabrique de basins dans l'hôpital (1780).

    C 2627 : fabrique de tissage dans l'hôpital (1742).

    C 2790 : imposition de la communauté en faveur de l'hôpital (1712).

    Série G : clergé séculier

    G 478 : procédure relative aux reconnaissances censitaires dues à la léproserie de Béziers (1626-1637).

    G508 : reconnaissances et rentes en faveur de l'hôpital Mage (1339-1759).

    G 509 : prétentions de l'hôpital Mage sur les biens de l'hôpital Notre-Dame de l'Accès (1520-1669).

    G 510 : règlement de l'hôpital Mage, approuvé par l'évêque (1550)

    G 540 : procès contre l'Ordre de Saint-Lazare et Notre-Dame du Mont Carmel pour l'application de la réforme hospitalière de 1672 (1683).

    G 1381 : transaction d'union de l'hôpital de la confrérie Notre-Dame du Sède à l'hôpital des pauvres (1456) et procédure contre l'Ordre de Saint-Lazare et Notre-Dame du Mont Carmel (1680-1682).

    G 3817 : règlement de l'hôpital Mage, approuvé par l'évêque (1550)

    Série H : clergé  ...  

  • Sources complémentaires extérieures

    Archives municipales de Béziers

    1 Q 1-1 à 1-3 : bureau de Bienfaisance (an IV-1937)

    1 Q 2 : indigents (an V-1928)

    3 Q 1-1 à 1-2 : administration et personnel (an II-1948)

    Q 11-17 : dons et legs, comptabilité et correspondance (an II-1936)

  • Bibliographie

    BELLAUD-DESSALLES (M.), Histoire de Béziers des origines à la Révolution, Béziers, 1929 .

    Béziers Charité, journal de la Cavalcade vendu au profit des pauvres, 1898 .

    'Contrat d'échange de l'ancien couvent des Augustins de Béziers en 1480, avec l'ancien hôpital Mage', Bulletin de la Société archéologique de Béziers, 1868, t. 2, p. 275-279 .

    COUROUMA (J), Le diocèse de Béziers en 1708, Vienne, 1934 .

    LAURES (E.), la municipalité de Béziers à la fin de l'Ancien Régime, Béziers, 1926 .

    PASCAL (Janine), Béziers au XIVe siècle, thèse de DES d'Histoire, univ. Montpellier III, 1967 .

    SABATIER (E.), Histoire de la ville et des évêques de Béziers, Nîmes, 1996 .

    SOUCAILLE (A.), Béziers pendant la Révolution, Béziers, 1894 .

    SOUCAILLE (A.), 'Contrat de constitution d'une rente annuelle faite au profit de l'hôpital de la Charité Saint-Joseph de Béziers, par messire Jacques Esprit, un des premiers membres de l'Académie Française (9 mai 1663)', Bulletin de la Commission historique de Paris, 1887, p. 278-279.

    SOUCAILLE (A.), 'L'Hôpital général Saint-Joseph de Béziers, créancier du maréchal de la Fare (1744-1757)', Bulletin de la Société archéologique de Béziers, 1890, 2e série, t. 15, p. 405-413

    SOUCAILLE (A.), 'Notice sur l'Hôpital général Saint-Joseph de Béziers (1647-1797)', Bulletin de la Société archéologique de Béziers, 1883, 2e série, t. 2, p. 245-368

    SOUCAILLE (A.), 'Notice sur l'Hôtel-Dieu Saint-Jacques ou hôpital Mage de Béziers, d'après les archives municipales et hospitalières', Bulletin de la Société archéologique de Béziers, 1881-1882, 2e série, t. 41, p. 331-407 .

    SOUCAILLE (A.), 'Recherches sur la maison du Refuge ou du Bon Pasteur de Béziers (1686-1791)', Bulletin de la Société archéologique de Béziers, 1885, 2e série, t. 13, p. 95-129 . ...